Environnement

La place de l’environnement dans les élections législatives

La campagne express des législatives en France touche à sa fin, les électeurs étant appelés à voter ce dimanche 30 juin pour choisir leurs nouveaux députés. Dans un contexte mondial marqué par une surchauffe climatique où tous les êtres vivants souffrent de nos excès, l’écologie n’a pourtant pas été au centre des débats. Cependant, ce sujet est devenu un marqueur politique important, différenciant les grands partis avec des visions très différentes. Examinons comment l’écologie se positionne dans les programmes électoraux des principaux partis et ce que cela signifie pour l’avenir.

Sommaire

Les différentes visions des partis sur l’écologie

Le Rassemblement National (RN) aborde la crise climatique de manière succincte, et certaines de ses promesses pourraient aggraver le réchauffement global. Par exemple, comme le souligne matin.info, le RN promet de ré-autoriser la vente de véhicules essence ou diesel neufs après 2035, alors que leur interdiction a été actée au niveau européen. Le parti présente l’écologie comme étant « punitive ». Cette vision minimaliste de l’écologie reflète une approche qui minimise les impacts environnementaux au profit de mesures économiques immédiates.

À l’opposé, l’alliance de gauche et des écologistes, sous le nom de Nouveau Front Populaire, propose un programme ambitieux. Il intègre plusieurs mesures de justice sociale, telles que des aides financières pour la transition écologique dans l’agriculture, la rénovation des passoires thermiques et le développement des transports publics. Ces nombreuses mesures nécessiteront des financements, prévus par une augmentation des taxes pour les pollueurs et les plus riches. Cette approche vise à allier justice sociale et transition écologique.

Entre ces deux extrêmes, la majorité présidentielle reste timide. Le sujet de l’écologie est relégué au second plan, comme c’est souvent le cas dans la politique menée ces dernières années. Le programme d’Ensemble réitère ou renforce des promesses déjà faites, à l’exception notable de nouvelles aides à la rénovation des logements. Cependant, ces nouvelles aides surviennent alors que le gouvernement a récemment réduit les aides existantes. Cette position reflète une certaine continuité sans grandes innovations.

Bilan des actions à l’Assemblée nationale

Le Réseau Action Climat, qui regroupe une trentaine d’ONG environnementales, a analysé les mesures débattues à l’Assemblée nationale ces dernières années. Ces analyses permettent de comprendre la politique que les grands partis pourraient mener s’ils obtiennent la majorité.

Soutien à la filière bio

L’un des exemples est le soutien à la filière bio en agriculture. Ce secteur, sans pesticides ni engrais de synthèse, est très polluant et souvent toxique pour la santé, mais crée aussi en moyenne 30% d’emplois en plus dans les fermes. Actuellement, l’agriculture biologique traverse une crise en France, et le secteur demandait 270 millions d’euros d’aides à l’État. La gauche et les écologistes ont voté pour, la majorité présidentielle a finalement octroyé 105 millions d’euros, tandis que les députés du RN se sont abstenus.

Taxe sur le kérosène

Un autre exemple est la taxe sur le kérosène. Alors que le carburant pour voitures et le train sont taxés, le secteur aérien bénéficie de près de 10 milliards d’euros d’exonérations fiscales par an en France. Lors de l’examen du budget 2024, la gauche et les écologistes ont proposé de rehausser les taxes sur le kérosène, ce qui dégagerait 1,5 milliard d’euros pour financer la transition écologique. La majorité présidentielle a préféré une taxe sur les grands aéroports, rapportant seulement 150 millions d’euros. Le RN s’est à nouveau abstenu. Les ONG estiment que cette approche soutient le secteur aérien, néfaste pour le climat.

Être opposé à l’écologie rapporte des voix

Malgré les préoccupations des Français pour le climat, c’est le RN, qui n’a jamais voté en faveur de l’écologie ces cinq dernières années, qui est en tête des sondages. Cette apparente contradiction s’explique par le fait que les électeurs attendent des solutions rapides. Selon François Gemenne, politologue et auteur du dernier rapport du Giec, il n’existe pas de solution miracle pour régler le problème au niveau national en quatre ou cinq ans. Les Français perçoivent l’écologie comme une contrainte, avec des coûts supplémentaires et des sacrifices à réaliser.

Un avenir désirable

Pour les défenseurs de l’environnement, le défi est de créer l’image d’un avenir vert et désirable. Actuellement, l’écologie est vue comme un ensemble de contraintes plutôt que comme une opportunité. Changer cette perception est essentiel pour obtenir un soutien plus large et faire avancer les politiques écologiques. L’enjeu est de démontrer que la transition écologique peut être bénéfique pour tous, et pas seulement un fardeau.

En conclusion, la place de l’environnement dans les élections législatives en France révèle des divergences importantes entre les partis politiques. Si certains minimisent l’importance de l’écologie, d’autres proposent des mesures ambitieuses mais coûteuses. Les électeurs devront trancher et choisir la voie qui leur semble la plus prometteuse pour un avenir durable et équitable.

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