Energie

Et si la prochaine révolution énergétique avait lieu au Mali ?

Afro-pessimistes, s’abstenir ! La prochaine grande révolution énergétique mondiale, qui permettra à l’Homme de sortir des énergies fossiles polluantes, a peut-être déjà commencé en Afrique. Une équipe scientifique internationale a en effet largement revu à la hausse les estimations des réserves d’hydrogène naturel au Mali. De quoi rendre possible une première exploitation industrielle… et paver le chemin à d’autres exploitations à travers le monde.
 

L’hydrogène naturel est un peu comme l’or des alchimistes. Une source d’énergie très efficace (4 fois plus que l’essence par exemple), non-polluante, et renouvelable (l’hydrogène est un flux qui se produit en continu). Seul problème, pendant longtemps les scientifiques ne croyaient pas en son existence ! Ou ne le pensaient uniquement présent sous les océans. Les choses ont évolué ces trente dernières années avec la découverte de gisements dans plusieurs régions du monde.

L’un des gisements les plus prometteurs, et les plus scrutés par les scientifiques, se trouve dans la région de Bourakébougou, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Bamako. La présence d’hydrogène y est attestée depuis le début des années 1990, mais jusqu’à présent, la communauté scientifique estimait son diamètre à environ huit kilomètres. Ce qui en faisait malgré tout le plus grand gisement continental jamais découvert.

Une étude, récemment publiée dans la revue spécialisée International Journal of Hydrogen Energy, vient de changer la donne en faisant une évaluation largement revue à la hausse des réserves du gisement de Bourakébougou et de ses potentialités d’exploitation industrielle. De quoi lancer l’ère de l’hydrogène naturel ?

« Il est possible de confirmer la présence d’un important champ d’hydrogène qui comprend au moins cinq réservoirs superposés qui contiennent chacun des quantités importantes d’hydrogène sur une surface estimée qui dépasse largement les huit kilomètres de diamètre », indiquent les résultats de l’étude d’une équipe scientifique internationale menée par le professeur Alain Prinzhofer (Institut de Physique du Globe de Paris).

« Cela ouvre des perspectives nouvelles pour une future exploitation industrielle de l’hydrogène », précise l’étude, qui souligne que « l’estimation actuelle du prix d’exploitation (de l’hydrogène naturel) est nettement moins cher que l’hydrogène produit en usine, que ce soit à partir d’énergie fossile ou d’électrolyse ». De quoi imaginer une première unité de production industrielle dans les mois ou les années à venir au Mali.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’entrepreneur malien Aliou Boubacar Diallo, véritable pionnier de l’hydrogène naturel qui, depuis 2011, et sur ses propres deniers, a mis en place une première unité-pilote de production d’électricité à l’hydrogène naturel à Bourakébougou qui a d’ores et déjà permis d’électrifier une partie de la région. C’est en constatant les premiers résultats de cette exploitation que les scientifiques se sont intéressés au gisement malien.

Selon M. Diallo, l’hydrogène naturel de Bourakébougou devrait permettre à terme de fournir suffisamment d’électricité pour satisfaire aux besoins de l’ensemble de la population malienne et même pour exporter les surplus de production à destination des pays de la région. Un enjeu crucial pour le Sahel, qui dépend encore massivement pour son électricité de centrales à fioul.

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Simon

Écologiste, j'ai décidé de lancer ce blog afin de tenir informé la population sur les dangers que court notre planète !

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